À Campeche, le fait-main raconte la même histoire que l’architecture : celle de la rencontre entre le monde maya, l’héritage espagnol et le commerce du port. Son artisanat n’est pas fait de souvenirs génériques, mais de savoir-faire vivants, dont les techniques se transmettent de parents à enfants. Voici cinq artisanats de Campeche qui méritent d’être découverts, et rapportés chez soi.

1. Le chapeau de jipijapa de Becal

Un savoir-faire emblématique. À Becal, dans la municipalité de Calkiní, à une excursion d’une journée depuis la ville, les familles tissent le « chapeau panama » en fibre de jipijapa, tirée d’une plante proche du palmier, dans des grottes et caves humides : l’humidité garde la fibre souple et permet un tissage très fin. Les pièces les plus fines sont si souples qu’elles peuvent se rouler sans se rompre.

2. La broderie au fil compté (hilo contado)

L’âme du costume régional. Brodée à la main en comptant les fils de la toile, elle compose des motifs floraux et géométriques d’une symétrie parfaite, presque toujours sur fond blanc ou noir. Chaque blouse ou terno, la tenue de fête traditionnelle, représente des semaines de travail patient.

Broderie au fil compté aux motifs floraux symétriques sur fond blanc, âme du costume régional de Campeche

La broderie au fil compté, âme du costume régional. · Crédit : Gustavo Costa

Crédit : Gustavo Costa

3. Le filigrane d’or et d’argent

Les bijoux qui complètent le costume régional. Le filigrane travaille des fils d’or et d’argent très fins, enroulés et soudés pour former des chaînes, des boucles d’oreilles et des chapelets d’une grande délicatesse, héritage d’une orfèvrerie aux racines andalouses.

Boucles d’oreilles et chaînes en filigrane de fils d’or et d’argent très fins, orfèvrerie de Campeche aux racines andalouses

Filigrane : des fils d’or et d’argent enroulés en bijou.

Crédit : droits réservés

4. Les hamacs de fil

Tradition partagée par toute la péninsule, le hamac de Campeche se tisse à la main en coton ou en nylon, avec des milliers de croisements qui donnent au filet sa résistance et sa fraîcheur réputée. Dormir dans un bon hamac est une initiation aux tropiques.

Hamac de fil tissé à la main à côté de cruches en terre cuite et de vannerie de palme, artisanat traditionnel de Campeche

Hamacs et poterie, les savoir-faire du quotidien de la région.

Crédit : droits réservés

5. Terre cuite et vannerie de palme

La poterie en terre cuite et le tissage de palme et de bejuco (liane) complètent le répertoire : cruches, comales (plaques de cuisson), paniers et petates (nattes de palme) d’usage quotidien, aujourd’hui appréciés aussi comme objets de design. Pour un achat responsable : l’écaille de tortue (carey) et le corail noir, travaillés autrefois dans la région, sont aujourd’hui protégés : le commerce de l’écaille est interdit, et celui du corail noir est illégal sans autorisation ; le voyageur averti choisit les fibres, la terre cuite et l’argent.

Nous concevons des itinéraires vers Becal et les ateliers d’artisans pour nos voyageurs.

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Les cinq artisanats en un coup d’œil
Savoir-faire Ce que c’est Où
Chapeau de jipijapaPanama tissé dans des grottes humidesBecal (Calkiní)
Broderie au fil comptéMotifs symétriques du costume régionalVillages du Camino Real
FiligraneOrfèvrerie de fils d’or et d’argentAteliers du centre
Hamacs de filFilet tissé à la main, frais et résistantToute la péninsule
Terre cuite et vanneriePoterie et tissage de palme et de bejucoMarchés et ateliers

Où les voir et les acheter

En ville, la Casa de Artesanías Tukulná (maison de l’artisanat), le Baluarte de San Pedro et le marché principal rassemblent un large choix de l’artisanat de l’État ; sur les lieux de production, les ateliers de Becal et les villages du Camino Real, l’ancienne route royale vers Mérida (ainsi que les quartiers traditionnels), permettent d’acheter directement à l’artisan, et la valeur reste là où la pièce est née. Pour situer ces savoir-faire dans leur contexte historique et culturel, découvrez aussi la dimension culturelle de Casonas MX et choisissez une maison patrimoniale d’où partir à la découverte.

Comment entretenir chaque pièce

Un conseil par savoir-faire : le chapeau de jipijapa fin se roule sans crainte (c’est justement sa preuve de qualité) et apprécie l’humidité, pas le soleil sur le tableau de bord de la voiture ; la broderie au fil compté se lave à la main et sèche à l’ombre ; le filigrane se garde au sec. Et la règle d’or de tout achat en voyage : la pièce qui raconte une histoire, celle de qui l’a faite et où, vaut toujours plus que celle qui ne fait que remplir la valise.

Questions fréquentes

Quels sont les artisanats typiques de Campeche ?

Le chapeau de jipijapa (« panama ») de Becal, la broderie au fil compté (hilo contado) du costume régional, le filigrane d’or et d’argent, les hamacs de fil, ainsi que la poterie et la vannerie de palme. Chacun plonge ses racines dans des savoir-faire transmis de génération en génération.

Où fabrique-t-on les chapeaux de jipi ?

À Becal, dans la municipalité de Calkiní. On les tisse dans des grottes et des caves humides, car l’humidité garde la fibre de jipijapa souple et permet un tissage fin et serré. Les pièces les plus fines peuvent se rouler sans se casser.

Qu’est-ce que la broderie au fil compté (hilo contado) ?

Une technique de broderie à la main qui consiste à compter les fils de la toile pour obtenir des motifs géométriques et floraux parfaitement symétriques. C’est l’âme du costume régional de Campeche, généralement sur fond blanc ou noir.

Où acheter de l’artisanat authentique à Campeche ?

À la Casa de Artesanías Tukulná, dans le centre historique, au Baluarte de San Pedro et directement auprès des artisans de Becal et des quartiers. Mieux vaut choisir des pièces faites à la main et éviter les imitations industrielles.

Est-il légal d’acheter de l’écaille de tortue (carey) ou du corail noir ?

Non. Le commerce de l’écaille de tortue (carey) est interdit au Mexique, et le corail noir est une espèce protégée dont le commerce sans autorisation est illégal. S’ils ont été travaillés autrefois dans la région, le voyageur responsable choisit aujourd’hui les fibres, la terre cuite, l’argent et d’autres matériaux durables.

Comment reconnaître un jipi fin ?

À la finesse de la fibre et à la densité du tissage : les plus fins se roulent et reprennent leur forme. Cette souplesse est la signature des grottes de Becal où on les tisse.

Revu et vérifié en juillet 2026 par l’équipe éditoriale de Casonas MX à Campeche. Mise à jour en octobre 2026 : cadre légal vérifié dans la loi générale sur la faune sauvage et la norme NOM-059-SEMARNAT-2010. Le commerce de l’écaille de tortue (carey) est interdit au Mexique, et le corail noir est une espèce protégée dont le commerce sans autorisation est illégal, sous le contrôle de la PROFEPA ; le voyageur responsable choisit les fibres, la terre cuite et l’argent. Nous concevons des itinéraires vers Becal et les ateliers d’artisans au départ de votre maison.

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